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Commission européenne

Conférence de presse

Sommet UE-Canada à Montréal, Canada

jeudi 29 octobre 2026

Transcrit et traduit automatiquement à partir du son original. Des erreurs sont possibles.

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  1. Orateur 1en

    Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, bonjour.

  2. Orateur 1fr

    Mon nom est Éric Bédard, je suis associé au cabinet d'avocats Fasken et c'est à titre de membre du conseil d'administration de l'Institut CDR qui me fait plaisir de vous accueillir ici ce matin. Madame la Présidente, nous sommes honorés de vous recevoir à l'occasion du sommet Canada-Union européenne pour vous entendre sur l'avenir de ce partenariat. On ne pouvait imaginer meilleur moment pour cette conversation. Mais en partant, laissez-moi vous dire quelques mots sur l'Institut CDR. Depuis près de 70 ans, l'Institut CDR a pour mission d'améliorer le niveau de vie des gens au Canada grâce à de meilleures politiques publiques et produit des travaux de recherche indépendants, non partisans, et révisés par des pairs. Cette rigueur et sa réputation font de lui l'un des groupes d'influence les plus réputés au Canada.

  3. Orateur 1en

    Son influence est évidente dans les grands débats qui ont façonné le Canada ; dans les années quatre-vingt, l’Institut était au cœur des discussions sur la lutte contre l’inflation et le rétablissement des finances publiques saines. Aujourd’hui encore, ses travaux sur la fiscalité, les pensions et la productivité continuent d’éclairer les débats à Ottawa, à Québec et dans toutes les autres provinces du Canada. L’Institut a toujours placé les relations économiques internationales au cœur de son travail, contribuant à façonner les grandes décisions commerciales du pays. Des accords de libre-échange avec les États-Unis à l’accord avec l’Union européenne, qu’il a recommandé bien avant sa signature. Notre prospérité dépend en grande partie du commerce international, et donc de la solidité des partenariats. Et peu de partenaires sont aussi naturels que l’Union européenne, car nous partageons des valeurs, nous partageons une histoire et nous partageons des économies complémentaires.

  4. Orateur 1fr

    Madame la Présidente,

  5. Orateur 1en

    nous avons hâte de vous entendre très prochainement. Je voudrais remercier chaleureusement l'Université McGill, la Max Bell School of Public Policy, notre partenaire pour cet événement, ainsi que toute l'équipe de l'Institut. Je suis également fier de reconnaître le soutien de mon cabinet, Fasken. Sans plus attendre, c'est avec plaisir que j'invite à la tribune le président-directeur général de l'Institut CDR, mesdames et messieurs, veuillez accueillir Jeremy Cronic.

  6. Orateur 2en

    Merci, Éric. Bonjour à tous.

  7. Orateur 2fr

    Bonjour à toutes et à tous. Madame la Présidente von der Leyen, distinguished guests, Mesdames et Messieurs, welcome. Bienvenue à Montréal.

  8. Orateur 2en

    C'est un honneur de vous accueillir à cet événement spécial de l'Institut CDR à Montréal.

  9. Orateur 2fr

    C'est un honneur de vous accueillir à cet événement très spécial.

  10. Orateur 2en

    C'est un privilège particulier de souhaiter la bienvenue au Président du Parlement européen

  11. Orateur 2fr

    Commission, Madame la Présidente, merci d'être avec nous.

  12. Orateur 2en

    Votre présence avant le sommet Canada-Union européenne montre à quel point cette relation est importante et souligne les opportunités qui s'offrent à nous. Je tiens à remercier le commanditaire de cet événement, Fasken, et tout particulièrement Éric Bédard, dont le soutien a rendu cette matinée possible.

  13. Orateur 2fr

    Une grande merci à Fasken et à Éric Bédard qui a rendu possible cette rencontre.

  14. Orateur 2en

    Je souhaite saluer Jonathan Wilkinson, ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne, qui est parmi nous aujourd’hui. Je tiens également à souligner le rôle de nos partenaires de l'École de politique publique Max Bell de l'Université McGill, et en particulier Jennifer Welsh, directrice de l'École, ainsi que Pierre Boinvet, chancelier de McGill.

  15. Orateur 2fr

    Nous sommes fiers de travailler avec une institution qui partage notre engagement envers le débat public et les politiques fondées sur les données probantes.

  16. Orateur 2en

    L’Institut CDR est un institut de recherche indépendant et non partisan ;

  17. Orateur 2fr

    notre mission est d'améliorer le niveau de vie des Canadiens et des Canadiens grâce à des politiques publiques économiquement judicieuses.

  18. Orateur 2en

    Depuis plus de 65 ans, nous réunissons des dirigeants du monde des affaires, du gouvernement et du monde universitaire pour examiner les questions qui façonnent l’avenir économique du Canada. Nous croyons que l'analyse rigoureuse, le débat ouvert et l'engagement constructif permettent de meilleures politiques publiques, surtout lorsque les enjeux sont les plus élevés.

  19. Orateur 2fr

    Peu de relations comptent autant pour l'avenir du Canada que celles que nous entretenons avec l'Europe.

  20. Orateur 2en

    Plusieurs décennies d’échanges, d’investissements et de coopération nous ont donné une base solide, nous partageons des valeurs démocratiques, notre attachement à l’État de droit et la conviction que des relations économiques ouvertes et fondées sur des règles peuvent garantir une prospérité durable. Mais le monde change : les tensions géopolitiques, l’incertitude dans le commerce mondial et les préoccupations croissantes en matière de sécurité économique et nationale remettent en cause des hypothèses de longue date.

  21. Orateur 2fr

    Et dans ce contexte, une coopération plus étroite entre le Canada et l'Europe devient plus importante que jamais.

  22. Orateur 2en

    Nos économies se complètent. Le Canada offre une énergie abondante, des minéraux critiques et des ressources, ainsi qu’une solide position dans les technologies émergentes. L’Union européenne apporte une industrie manufacturière avancée, une expertise technologique et un marché de 450 millions de personnes. Ces atouts créent des opportunités pour diversifier les échanges, attirer les investissements et construire des chaînes d’approvisionnement plus résilientes. Le défi maintenant est de transformer ces atouts en résultats, davantage d'investissements, un commerce accru, une coopération plus approfondie en matière d'innovation et de sécurité, ainsi qu'un partenariat économique plus ambitieux. Et c'est pourquoi le sommet de cette semaine est si important.

  23. Orateur 2fr

    Ce sommet est l'occasion d'aller au-delà de nos fondements partagés et de fixer des priorités concrètes pour les années

  24. Orateur 2en

    à venir. À Montréal est un lieu approprié pour ces discussions.

  25. Orateur 2fr

    Une ville qui a de profonds liens avec l'Europe

  26. Orateur 2en

    et c'est là que l'Institut CDR lui-même a été fondé il y a plus de 65 ans. C'est également un pôle de réflexion et d'engagement sur les affaires internationales, ainsi qu'un lieu naturel pour accueillir des chefs d'État et

  27. Orateur 2fr

    governments tels que les traits par le Conseil des relations internationales de Montréal qui est représenté ici aujourd'hui. Il me fait maintenant plaisir de vous présenter notre invité d'honneur, Ursula von der Leyen,

  28. Orateur 2en

    médecin de formation avant de se lancer en politique. Sa carrière a débuté aux niveaux local et régional en Allemagne ; de 2005 à 2019, elle a siégé au gouvernement fédéral allemand, dirigeant le ministère chargé de la famille et de la jeunesse, du travail et de la défense. En 2019, elle est devenue la première femme à occuper le poste de Présidente de la Commission européenne. Sous sa direction, la Commission a affronté certaines des crises les plus déterminantes de l'Europe ces dernières années : la pandémie mondiale, la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et la crise énergétique qui en a résulté. En juillet 2024, elle a été réélue pour un second mandat.

  29. Orateur 2fr

    Son mandat vise à bâtir une Europe plus compétitive, et plus indépendante à défendre la démocratie et à renforcer la défense et la sécurité européennes.

  30. Orateur 2en

    Le Canada partage bon nombre de ces priorités, en particulier lorsqu’il s’agit de compétitivité économique, de commerce et de sécurité.

  31. Orateur 2fr

    Madame la Présidente, merci encore d'être avec nous à Montréal à un moment aussi important.

  32. Orateur 2en

    Nous avons hâte d'entendre votre vision pour l'avenir des relations entre le Canada et l'Union européenne. Alors, mesdames et messieurs, veuillez vous joindre à moi pour souhaiter la bienvenue à la Présidente de la Commission européenne, Madame Ursula von der Leyen.

  33. Orateur 3en

    Je vous remercie beaucoup. Bonjour à toutes et à tous. C'est un honneur de me trouver ici au prestigieux Mount Royal Club, et je tiens tout d'abord à vous remercier, Monsieur le Président Cronic, de l'Institut CDR, pour nous accueillir aujourd'hui. Je voudrais également exprimer ma gratitude à vous, Directeur Welch de la Max Bell School of Public Policy, pour l'organisation de cet événement, et je tiens aussi à remercier le Chancelier Pierre Biovain, l'Ambassadeur Jonathan Wilkinson, ainsi que Monsieur Éric Bédard. Mesdames et Messieurs, la même année où ce club historique a été construit, en 1906, un jeune Français est arrivé au Canada pour y vendre du cognac. Et il a été frappé par le dynamisme et le sentiment de possibilités qu’il a trouvés ici. Personne ne pensait aux limites. Il a écrit plus tard : « Personne ne savait où était la frontière. » Ce jeune homme s'appelait Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Union européenne, et cette période de sa vie au Canada influencerait sa vision du monde. Et on pourrait même soutenir qu’elle a ensuite contribué à changer le cours de l’histoire européenne. Car c’est ici que Monnet a découvert que des personnes issues de milieux et de régions différents coopéreraient si leurs intérêts coïncidaient ou si l’ampleur de la tâche l’exigeait. C’est aussi ici qu’il a appris à voir comment une société et des marchés qui se construisent au-delà des frontières peuvent aussi construire de la prospérité et des liens entre les peuples et les nations. Cela a aussi contribué à forger sa conviction ultérieure selon laquelle les Européens pouvaient dépasser leurs anciennes rivalités nationales. Dans les décennies qui suivirent ses voyages au Canada, il allait vivre l’horreur de deux guerres mondiales. Mais il allait ensuite imaginer une manière radicalement nouvelle pour que les nations européennes vivent et travaillent ensemble dans la paix. Les frontières seraient différentes, mais l’esprit qu’il avait trouvé ici au Canada – la volonté de dépasser les limites familières – trouverait une nouvelle expression dans le projet européen. C’est donc la base de ce que nous connaissons aujourd’hui comme l’Union européenne. C’est le même esprit pionnier que nous devons embrasser aujourd’hui. Et je suis ravi d'apprendre que nous sommes rejoints aujourd'hui par des étudiants du Centre Jean Monnet de Montréal.

  34. qui perpétuent cette flamme aujourd’hui, et je vois les visages qui sont maintenant remplis de joie, qui sont les étudiants parmi nous. Je suis ravi que nous soyons rejoints ici par vous, car vous êtes ceux qui entretenez cette flamme, comme je l’ai dit. En vie. Chers étudiants, les années que Jean Monnet a passées en tant que jeune homme de l’autre côté de l’Atlantique ont transformé sa perception des possibilités. Et nous suivons ses traces, mais il est devenu évident qu’il reste encore beaucoup, beaucoup plus à faire ensemble de manière bilatérale, entre le Canada et l’Union européenne. Sont deux systèmes complémentaires. Bien sûr, le Canada ne peut pas devenir membre à part entière de l'Union européenne en raison de la géographie. Mais nous voulons tous deux porter notre relation au niveau le plus élevé possible. C’est pourquoi nous discutons de l’idée que le Canada devienne le premier membre associé de l’Union européenne. Notre idée est simple. Il s'agit d'une adhésion — que nous n'envisagerons pas, mais d'une association sans adhésion. Mais nous pouvons remplacer l’adhésion par une ambition et une vision communes. Nous pouvons bâtir un partenariat qui se rapproche davantage de l’adhésion que tout ce que nous avons fait auparavant. Alors, comment y parvenir ? Premièrement, cela signifie un alignement plus étroit sur les politiques. Nous pouvons travailler sur tout, de l'IA et du climat à l'énergie et à la sécurité, vous n'avez qu'à nommer le sujet. Deuxièmement, cela signifie un alignement plus étroit sur la gouvernance. Cela signifie un travail plus partagé entre la Commission européenne et le gouvernement canadien, par exemple. La coopération pourrait aussi impliquer des échanges entre parlements, entre nos deux parlements. Et entre cours de justice. Et troisièmement. Cela signifie un alignement plus étroit sur les programmes de chacun. Alors que Monnet a fait son parcours dans un sens, beaucoup l’ont fait en sens inverse et sont revenus avec de nouvelles façons de voir le monde. Juste. Pensez à la peintre Emily Carr, dont le séjour d’études en France l’a tellement transformée qu’elle a découvert les paysages de son Canada natal sous un jour entièrement nouveau, qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Ou encore le Dr Joseph Ernest Gendreau, qui a étudié sous la direction de Marie Curie et est rentré au pays pour fonder le premier Centre de recherche et de traitement du cancer du Canada.

  35. Maintenant, nous devrions donner à la nouvelle génération la chance de faire ses propres découvertes. Et c’est pourquoi nous approfondirons l’engagement du Canada dans le programme Erasmus de l’Europe, afin que davantage de jeunes puissent avoir l’occasion de se rencontrer et d’apprendre les uns des autres. Nous travaillons également à renforcer la participation du Canada à la prochaine génération d’Horizon Europe, afin que nos esprits les plus brillants — chercheurs et scientifiques — puissent collaborer et innover ensemble. Et nous collaborons aussi sur les compétences et les qualifications, afin que les professionnels puissent travailler plus facilement des deux côtés de l’Atlantique. C’est donc, en résumé et bien plus encore, ce que signifie être membre associé. Ouvert uniquement à nos partenaires les plus proches en dehors de l’Europe, qui sont prêts à ouvrir une nouvelle frontière ensemble et à tracer la voie ensemble. À repenser au-delà des termes de notre partenariat actuel en vue de la version la plus ambitieuse de ce que nous pouvons construire. Et je dois dire que je ne vois pas de meilleur partenaire que le Canada pour nous embarquer exactement dans ce voyage avec nous. Mesdames et Messieurs, ces dernières semaines et ces derniers mois, beaucoup d’entre nous dans cette salle ont été amenés à réfléchir aux liens entre l’Europe et le Canada. C’est une belle histoire qui incarne tout ce passé commun et cette amitié. Il y a plus de 80 ans, George Emerson était l'un des nombreux soldats canadiens qui ont participé à la libération des Pays-Bas. Il était en poste dans la ville néerlandaise d'Enschede à la fin de la guerre. C'est de là qu'il a pu observer des milliers de prisonniers de guerre libérés rentrer chez eux à pied. Et un jour, il a repéré un jeune homme si faible, si émacié, qu’il pouvait à peine marcher. Il l’a donc invité dans la maison où il était posté pour lui donner à manger et essayer de lui sauver la vie. Au moment de se quitter, il a pu redonner beaucoup de confiance au jeune homme. Il a bel et bien sauvé sa vie, et le jeune homme a pu poursuivre son voyage vers son foyer. Et au moment de se séparer, il lui a donné — ce jeune homme s'appelait Henk Metzeler — deux tablettes de chocolat. Henk Metzeler — qui a survécu, en réalité — a passé le reste de sa vie à souhaiter pouvoir rencontrer le Canadien.

  36. soldier pour le remercier de lui avoir sauvé la vie. George. Emerson s’est également demandé si Henk avait survécu à la guerre. Eh bien, il semblait que le destin et une idée les maintiendraient éloignés l'un de l'autre. Puis, un jour, presque 70 ans plus tard, George Emerson est entré dans un magasin de meubles près de Toronto pour acheter un nouveau fauteuil. Et il s’est mis à discuter avec une vendeuse dont il a remarqué qu’elle était d’origine néerlandaise. Alors il lui raconte l’histoire de sa rencontre avec un jeune homme, le jeune homme affamé à Enschede, la nourriture et les deux tablettes de chocolat. En entendant cette histoire, la jeune femme éclata en sanglots. Henk était son père. Et il s’avère qu’il vivait à Toronto depuis les années 1950. George. Je suis allé le voir dans sa maison de retraite à plusieurs reprises avant son décès. Chaque fois, je lui apportais une petite barre de chocolat. Mesdames et messieurs, je pense que ces petites tablettes de chocolat — cette histoire remarquable de destin et de hasard — captent quelque chose de plus profond sur l’amitié et les liens entre l’Europe et le Canada. Aujourd’hui, plus d’un siècle après que Monnet a quitté Cognac pour le Canada, nous sommes à nouveau appelés à travailler ensemble sur de nouvelles frontières. Car c'est précisément ce que l'histoire exige en ce moment. Nous assistons à une dégradation plus profonde de l’ordre international, les alliances et les hypothèses qui ont permis notre prospérité et notre sécurité évoluent rapidement. Et chaque nation et chaque région cherche à savoir comment protéger ses propres intérêts et son indépendance. Nous ne pouvons plus nous laisser enchaîner par les limites de l’ordre mondial ancien. Nous connaissons les risques qui existent ici. Mais nous voyons aussi une voie à suivre, une nouvelle frontière. Nous devons imaginer des partenariats fondés sur la confiance et animés par des intérêts et des convictions communs. Comme l’a déclaré Mark Carney, les ordres internationaux seront également construits depuis l’Europe, avec le Canada en faisant partie. Fin de citation. Notre point de départ est le même. Dans un monde marqué par des rivalités croissantes, la souveraineté et l'indépendance ne sont plus seulement la liberté d'agir seule, c'est la capacité à agir ensemble. Et c'est pourquoi nous construirons une alliance pour l'avenir.

  37. Et commençons par le Canada. Ensemble, nous voulons créer un espace commun de croissance et de prospérité, de résilience et de sécurité économique. Et laissez-moi vous donner quelques exemples de ce que cela signifie en pratique. Prenons la question des goulots d'étranglement et de la sécurité économique. À l'échelle mondiale. Les chaînes d'approvisionnement ont rendu les biens essentiels plus accessibles et plus abordables. Jusqu'ici, tout va bien. Mais ils comportent aussi des risques et des goulots d’étranglement d’un continent à l’autre. Les liens avec un seul fournisseur – que nous considérions autrefois comme des garanties de stabilité – se transforment de plus en plus en instruments de pression. Des choses. Par exemple, l'énergie, les semi-conducteurs ou les matières premières critiques. Lorsque le commerce devient un outil de pression économique, ce sont les familles qui en paient le prix, de l’étal du supermarché au coût d’une voiture neuve. Nous assistons en temps réel à une atteinte à notre souveraineté. Nous avons donc deux options. Soit agir seul, soit considérer cela comme un jeu à somme nulle, où chaque pays ou économie se concentre sur le renforcement de son propre levier, de ses propres capacités, avec pour résultat que tout le monde se sent moins en sécurité et plus isolé, ou bien… Nous pouvons adopter une approche plus stratégique avec des partenaires de confiance qui font face aux mêmes défis, mais disposent d’atouts différents pour y répondre. Et c’est pourquoi la. L'Union européenne et le Canada construiront un espace unique pour les chaînes d'approvisionnement stratégiques en pratique. Cela signifie des investissements conjoints ou complémentaires, y compris des financements privés, des deux côtés. Nous travaillerons sur un portefeuille de projets avec les banques d'investissement, les banques d'exportation et les banques d'infrastructure des deux côtés. Et nous voulons garantir que les entreprises puissent accéder aux opportunités sur les marchés de l'autre. Ou prenons le sujet des matières premières critiques. Vous l'avez mentionné : le Canada dispose de ressources abondantes et d'une expertise minière approfondie. L'Europe apporte une demande industrielle, des technologies et des investissements. Nous sommes donc complémentaires sur toute la chaîne de valeur. De l'extraction des minerais à leur transformation. Du déploiement de technologies et de matériaux avancés à leur recyclage. Et c'est pourquoi nous avons établi notre partenariat stratégique sur les matières premières, par exemple.

  38. Et cet exemple montre désormais déjà des résultats bien réels. L’an dernier, les importations de matières premières critiques canadiennes vers l’Union européenne ont bondi de 62 % en valeur. Cela représente un chiffre impressionnant de 3,3 milliards d’euros, soit 5,18 milliards de dollars canadiens. Cela inclut des matières comme le lithium, le cobalt, le nickel et le graphite. Les matériaux dont nous avons besoin pour les véhicules électriques. Pour les énergies propres. Pour les industries de demain. Et cela stimule la croissance des deux côtés de l’Atlantique. Prenons, par exemple, Par exemple, le CETA, notre accord de libre-échange historique. Grâce au CETA, le commerce bilatéral a augmenté de plus de 80 %. Il a ouvert de nouvelles portes à nos entreprises, qu'il s'agisse du fabricant français qui remporte de nouveaux contrats dans les villes canadiennes ou de l'entreprise familiale de l'Ontario qui a doublé ses exportations vers l'Europe, par exemple. Et nous devons aller plus loin. Prenons l’intelligence artificielle. Notre industrie dépend de plus en plus de l’accès à ces technologies. Et lorsque cet accès repose sur quelques grandes entreprises, les décisions prises ailleurs peuvent mettre nos entreprises et nos services essentiels en danger. C’est aussi pour cette raison que nous nous associons, le Canada et l’Europe, je crois, pour que cette technologie serve les gens. Nous travaillerons donc ensemble pour affronter directement les questions de sécurité et de sûreté de l’IA incontrôlable. Nous élaborerons ensemble des règles et des normes, ainsi qu’une gouvernance mondiale solide. Nous plaçons l’autonomie humaine au premier plan. Et. Cela nous permettra de tirer une plus grande valeur de l'IA, de développer ensemble nos propres capacités, d'investir dans les infrastructures d'IA, de rassembler nos chercheurs sur des projets communs et d'aider nos startups deep tech à rivaliser à l'échelle mondiale. Par exemple, juste le mois dernier, l'allemand Aleph Alpha et le canadien Cohere ont annoncé une fusion. Pour créer une entreprise souveraine en matière d'IA transatlantique. Donc, nous voyons déjà une forte volonté de collaborer. Et demain, nous finaliserons notre accord pour intégrer le Canada dans l’infrastructure européenne de supercalcul. L'Europe abrite certains des meilleurs supercalculateurs au monde, nous disposons de 12 supercalculateurs de pointe répartis dans toute l'Europe, et le Canada fera désormais partie de ce réseau.

  39. Cela permet aux industries canadiennes, aux startups, aux chercheurs, non seulement d'accéder au supercalcul européen, mais aussi de former leurs modèles sur nos supercalculateurs. Et associé à l'industrie canadienne pionnière en matière d'IA, cela nous permettrait de développer des systèmes d'IA hautement compétitifs, innovants et sûrs. Mesdames. Et messieurs, notre vision commune de l’avenir dépend également de notre capacité à sécuriser nos patries et nos quartiers. Notre Le travail sur la sécurité est déjà une responsabilité partagée. Aujourd’hui, des soldats canadiens dirigent une brigade multinationale de l’OTAN en Lettonie, défendant notre notre flanc oriental. Le Canada a été le premier pays non européen à participer à SAFE, notre plan commun d’acquisition en matière de défense. Et vous vous êtes tenus aux côtés de nos amis en Ukraine depuis le tout début de la guerre d'agression de Poutine. Je sais que pour de nombreux Canadiens, cela est profondément personnel. Plus d’un million de Canadiens ont des racines ukrainiennes. Et depuis 2022, vous avez accueilli des centaines de milliers d’Ukrainiens en quête de sécurité. Vous avez été notre partenaire pour œuvrer au retour des enfants ukrainiens enlevés par la Russie. Le Canada connaît trop bien le coût humain de cette guerre. Et le Canada comprend ce qui est en jeu. Le droit des peuples à vivre en paix, à décider librement de leur avenir, ce sont les principes que nous défendons ensemble en Ukraine, et qui nous guident partout où notre sécurité commune est en jeu. Cela. Cela inclut également l'Arctique. Plus tôt ce mois-ci, seulement deux semaines après le lancement du satellite européen Copernicus, celui-ci a transmis une image frappante de l'archipel arctique canadien. Des images comme celles-ci nous aident à comprendre comment le paysage arctique évolue. Et à mesure que la glace recule, de nouvelles routes s'ouvrent. La concurrence s'intensifie. Et ici, la géographie rapproche l'Europe et le Canada. C’est également le cas de nos intérêts. L’Arctique fait aussi partie de l’Union européenne. Trois de nos États membres sont des pays de l’Arctique, et plus d’un demi-million de citoyens européens y vivent. Alors, lorsque nous voyons la Russie reconstruire sa présence militaire dans l’Arctique et poursuivre des actions hybrides,

  40. stratégie à l’encontre de ses voisins, remodelant la sécurité de l’Arctique, elle a des répercussions sur l’Union européenne et le Canada dans leur ensemble. Nous devons agir et modifier notre posture stratégique. Et, aux côtés de partenaires partageant les mêmes idées, le Canada et l’Union européenne, nous défendons ces valeurs. C’est pourquoi nous développons, par exemple, des projets communs dans toute la région, allant de tout ce que vous pouvez imaginer, de la surveillance des océans, des matières premières critiques, ou encore, par exemple, de la connectivité pour les communautés éloignées. Mesdames et Messieurs, c'est un moment d'opportunité extraordinaire. Mais c'est aussi un moment difficile. Des deux côtés de l’Atlantique, nos concitoyens ressentent la pression. Beaucoup craignent l’avenir. Ce que cela signifiera pour leurs moyens de subsistance, pour leurs familles, pour leurs communautés, mais les moments difficiles nous révèlent aussi qui nous sommes, ce pour quoi nous nous battons et qui se tient à nos côtés. Et je pense aux vers d’un poète bien-aimé de Montréal, Leonard Cohen, qui a dit : « Il y a une fissure en toute chose. C’est ainsi que la lumière entre. » Pour moi, c’est une chanson sur la résilience, car même dans l’incertitude, nous pouvons choisir l’espoir, nous pouvons choisir le courage, nous pouvons choisir un nouveau départ. Et donc, vive le Canada, vive l’Europe, et je vous remercie beaucoup pour votre attention.

  41. Orateur 1en

    Merci. Je vais prendre mes affaires.

  42. Orateur 2fr

    Madame Président, mon nom est Jennifer Welsh, et au nom de nos tous ici, présents, et tout particulièrement l'École Max-Bel de politique publique, à l'Université de McGill, je tiens à vous remercier de vous être joints à nous aujourd'hui.

  43. Orateur 2en

    Je vous remercie de nous avoir exposé votre vision non seulement des discussions au sommet qui débutent aujourd’hui, mais aussi de l’avenir des relations entre le Canada et l’Union européenne, et de nous avoir rappelé les profondes connexions que nous entretenons depuis des générations. L'École Max-Bel est une communauté d'enseignement et de recherche qui impulse la transformation des politiques en partageant des analyses rigoureuses et indépendantes sur les défis les plus difficiles de la société, en créant des opportunités d'apprentissage dynamiques et en organisant des conversations qui comptent. Le Canada et l'Union européenne mènent une conversation d'importance. Une conversation sur la manière de survivre, mais aussi de prospérer dans un nouveau contexte politique marqué par la rivalité géopolitique et le protectionnisme croissant, ainsi que par la course aux armements, une transition énergétique urgente, et des attaques contre les valeurs et les institutions de la gouvernance démocratique.

  44. Orateur 2fr

    Mais cette conversation se traduit également en actions, à travers l'élaboration d'un roadmap que vous avez détaillé ici, sous la manière de transformer les défis en opportunités. Il s'agit de bâtir une prospérité et une sécurité partagées, par nos populations, et de garantir une autonomie stratégique permettant de protéger et de poursuivre notre mode de vie démocratique.

  45. Orateur 2en

    L’accord et le plan d’action que le Canada et l’UE sont en train d’élaborer s’inscrivent dans un réalignement stratégique, et les stratégies les plus efficaces prennent du temps. Les Canadiens le perçoivent et le savent. Notre pays opère un pivot fondamental. Les investissements que vous et notre Premier ministre lancerez cette semaine produiront des résultats cruciaux immédiatement, mais beaucoup se concrétiseront avec le temps. C’est pourquoi je crois que votre discours aujourd’hui et ce sommet construisent et mettent en avant quelque chose d’autre qui est désespérément nécessaire dans cet environnement international plus instable. Amitié, amitié. Un refrain commun ces dernières années est que nous vivons dans un monde de politique transactionnelle. Ou de marchés. L’un donne quelque chose, l’autre obtient quelque chose. Parfois sous la contrainte. Les alliances sont considérées comme démodées. Pour les faibles. Le discours d’aujourd’hui et la relation que le Canada et l’UE sont en train de construire démontrent précisément le contraire. L’amitié, avec ceux qui partagent les mêmes idées, qui sont engagés à travailler dur, sur le long terme, ensemble, est une denrée d’une valeur inestimable.

  46. Orateur 2fr

    L'amitié entre Canada et l'Union européenne construit un atout précieux pour cette décennie et au-delà.

  47. Orateur 2en

    Madame la Présidente, comme vous l'avez souligné, des étudiants et chercheurs de l'Université McGill sont présents aujourd'hui, enthousiastes et prêts à tirer parti de cette amitié continue ainsi que des co-investissements à long terme que l'UE et le Canada aborderont au cours des deux prochains jours. Ce sont eux qui bénéficieront des opportunités d'apprendre et d'étudier dans nos juridictions, et de nouer des collaborations de recherche qui permettront de produire les connaissances et l'innovation que les meilleures universités du monde peuvent offrir. Et dont l'Europe et le Canada ont tous deux besoin pour ce XXIe siècle. Nos universités et les vôtres sont des alliés engagés dans la lutte pour préserver et continuer à construire des sociétés démocratiques prospères et dynamiques. Veuillez savoir qu’au Canada, les universités et les écoles de politiques publiques, et tout particulièrement l’Université McGill et la Max-Bell School, l’UE a un partenaire volontaire, un ami, pour travailler avec vous à les mois et les années à venir. Nous vous souhaitons, ainsi qu’à vos homologues canadiens, un immense succès lors de ce sommet, et nous vous remercions tous de nous avoir rejoints ce matin.

  48. Orateur 2fr

    Merci.

  49. Orateur 3en

    Merci à tous.